Les gratitudes – Delphine de Vigan

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Michka Sled vieillit. Marie lui a fait installer une alarme-bouton, en cas de probleme, de chute, mais un jour il faut se rendre à l’évidence, ce n’est plus possible. Marie vient aussi souvent qu’elle le peut, mais la vieille dame n’a pas de famille, il faut bien en discuter. Entre la jeune femme et sa vieille amie, l’honnêteté prime, la discussion, les décisions. Michka a recueilli Marie petite, l’a élevée, soutenue, elles se comprennent, mais c’est la première fois que l’évidence s’impose : Mishka commence à être désorientée, et, surtout, elle perd ses mots. Elle, si cultivée, commence à buter sur ses mots, et faute de les trouver, en choisit un autre. Ou l’invente. C’est un début d’aphasie, dit le médecin.

Dans l’EHPAD où elle installe sa vieille amie, Marie voit le désespoir de la vieillesse et de la dépendance. Des vieux, des très vieux. C’est triste, déchirant. Mais Mishka comprend. Et plusieurs fois par semaine, au cours des visites, le lien est toujours aussi fort, et même si Mishka prend un mot pour un autre, la conversation est toujours fluide et pleine d’humour.

Et puis il y a Jérôme. L’orthophoniste. Qui voit la vieille dame plusieurs fois par semaine, et s’attache à elle. Oh, elle déteste les exercices de mémoire et de vocabulaire, par contre, pour le faire parler de ses parents, et en particulier de son père qu’il ne voit plus, elle est forte !

Dans l’histoire de Jérôme et de Mishka il reste des mots non-dits. Des merci difficiles à dire, des adieux non faits. Et Marie qui fait tout son possible pour que Mishka vive le plus et le mieux possible.

 

Mon avis : J’ai été touchée par cette histoire, et je ne m’y attendais pas. J’avais lu il y a peu un livre soi-disant « témoignage », l’Âge fragile, une lecture.. nulle. Qui m’a mise en colère tellement ce livre semblait artificiel. Ici nous avons un roman, qui parle de maison de retraite et de fin de vie, autrement plus humain et sensible. J’ai vraiment beaucoup aimé. J’ai vu aujourd’hui un article de détracteurs qui parle de « bons sentiments ». Je ne trouve pas. Je ne suis pas une inconditionnelle de Delphine de Vigan, mais je trouve que ce livre est une réussite. Agréable à lire, sensible, avec un petit peu de mystère, très bien !

Les gratitudes – Delphine de Vigan, Ed JC Lattès, mars 2019, 173 pages, 17€

7 commentaires

  1. Très touchée moi aussi. Quand on a vécu cette expérience de voir une mère perdre petit à petit sa dignité au sein d’une maison de retraite pourtant exemplaire, on ne peut être que touchée. Delphine de Vigan parle vrai. Une très belle et touchante lecture. Je vais rédiger ma chronique cette semaine

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