La tempête du siècle – Stephen King


L’histoire : Sur l’île de Little Tall, on a l’habitude des tempêtes. Pourtant, celle qui s’annonce sera, dit-on, particulièrement violente. Et surtout, la petite communauté tremble d’héberger Linoge, l’assassin de la vieille Mrs Clarendon. Lui n’a pas peur. Il s’est laissé arrêter. Il connaît son propre pouvoir. Si on lui donne ce qu’il veut, il partira. Et tandis que l’ouragan se déchaîne, dans le froid et la neige, il va faire connaître ses exigences….

Stephen King raconte dans la préface, comment lui est venue l’idée de l’histoire, et comme pour certains de ces livres, c’est juste une image. Le personnage du « méchant » dans une cellule, les pieds remontés sur le banc, la tête sur ses genoux. Il raconte encore comment lui est venue l’idée d’écrire cette histoire comme un film, ou même un téléfilm en plusieurs parties. Il en profite pour dézinguer quelques films tirés de ses livres, qu’il n’a pas aimés.
L’histoire se passe dans une petite ile au large du Maine, celle-là même où se situe l’action d’un de ses précédents livres, Dolorès Claiborne. C’est Little Tall Island, petite communauté de moins de 400 personnes lorsque tout le monde y est. Au moment où l’histoire commence, beaucoup sont sur le Continent, les enfants de plus de 6 ans qui sont internes, les ados et les jeunes, en pensionnat. Et ceux qui y travaillent, et aussi ceux qui ont décidé de se mettre à l’abri sur le continent de l’énorme tempête qui menace.
Les actions, les vues sont tous distribuées par petites parties en gras, style « intérieur du supermarché, jour », et « la caméra est braquée sur le visage de Mike », par exemple.

Tout est montré de cette manière, la nature, les maisons, les gens, et c’est incroyablement facile de rentrer dans ce récit.
On commence par voir de dos un homme habillé strictement, avec une canne à pommeau d’argent en forme de tête de loup, qui rentre chez une vieille dame, fait valser son déambulateur dehors, et la tue dans l’entrée à coups de canne. Puis l’homme s’assied dans le fauteuil de la pauvre Martha, et attend. Un jeune voit le déambulateur dehors, entre chez Martha, voit le corps de Martha, le sang, et aperçoit, dans le fauteuil un homme dont les vêtements sont ensanglantés mais dont le visage sourit abominablement, on lui voit des crocs, et ses yeux sont entièrement noirs. Le gamin détale et va voir le constable, qui est propriétaire du seul supermarché de l’Ile, où tous les résidents sont en train de faire des provisions pour la tempête à venir.

Il n’y a pas de poste de police dans une si petite communauté, il y a un bureau et une petite cellule au fond du supermarché. Le constable, Mike, emmêne son second pour aller voir la scène de crime, et ils trouvent l’homme, ou ce qu’il semble être, les attendant. Il n’oppose aucune résistance. Les deux hommes chargés de la police l’emmènent, vite parce que le froid est de plus en plus vif et les tourbillons de neige masquent de plus en plus la route, et qu’il faut que tout soit prêt pour la tempête, la nourriture, la salle « de survie » pouvant accueillir deux cents personnes au sous-sol de l’hôtel de ville, que Mike aille chercher sa femme Molly à la maison, où elle tient une petite école maternelle pour les huit enfants de moins de 6ans de l’Ile, et tout ce qu’il y a encore à rentrer, barricader, vérifier. Mais le meurtrier, traversant le supermarché, menottes dans le dos, assène à voix forte des « vérités » pas vraiment bonnes à dire, surtout dans ce public où tout le monde se connait. L’une qui s’est fait avorter et ne l’a jamais dit, l’autre qui a trompé sa femme et ne l’a jamais dit, celui qui a laissé mourir sa mère…. ce monstre, en trois minutes avant d’être dans la cellule, a instillé un poison dans cette petite communauté. Et dehors, le vent hurle, les arbres s’abattent, c’est aussi terrifiant dehors que dedans, avec ce type, capable de faire perpétrer des crimes par ces citoyens en usant de bizarres comportements.

Stephen King aime ses personnages. Surtout ici, cette petite communauté. Même avec un monstre, une tempête comme rarement cette ile en a eu, les gens sont tellement bien campés, soudés que c’est une joie d’y vivre. A part le Maire qui est un affreux trouillard condescendant, et une belle-mère qui a tout de la Reine Victoria qui tyrannise sa bru, personne ne craint rien. Ou presque.
Encore un roman magnifiquement prenant, distillant peur et suspense, pas un « pavé », c’est un excellent King.

La tempête du siècle – Stephen King, le Livre de Poche, 2001, 440 pages

24 commentaires

  1. En fait j’ai découvert Stephen King avec Dead Zone. Le film. Avec Martin Sheen et christopher Walken. C’était en période d’élections aux usa, la trame du film. J’ai lu le bouquin ensuite, j’ai tout dévoré, sauf Carrie, vu en film, et Shining, vu en film. J’ai stoppé 20ans à cause des deux tomes des Tommycknockers. J’en pouvais plus de m’ennuyer. J’ai repris avec Misery, mais pas comme une acharnée : un de temps en temps. Et je suis rarement déçue. Maintenant j’ai la trouille que Stephen King meure. Imaginez. Yen n’a pas deux comme lui.

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  2. Ne t’en fais pas il doit disposer des meilleurs docteurs son éditeur doit l’envoyer passer un check-up tous les ans. Et je suis sûr que qu’il y a des manuscrit qui dorment bien à l’abri dans un tiroir

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