Le Livre de M – Peng Shepherd

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J’ai commencé ce livre dans un hôpital et j’écris ma chronique depuis un autre hôpital. Il m’a été envoyé par le très sympathique Gilles Dumez, directeur de la collection Albin Michel Imaginaire.

J’aime bien cette collection, j’ai lu pas mal de livres de cet éditeur, en commençant par le mémorable Terminus de Tom Sweterlitsch, mémorable de par sa couverture à double-take pour certain.e.s, et aussi par son contenu que j’ai beaucoup aimé. (Et dans lequel j’ai découvert la mousse quantique…)
Mais là… Bon, avant de râler je mets tout de même le résumé éditeur:

 

« Que seriez-vous prêt à sacrifier pour vous souvenir ?

Un jour, en Inde, un homme perd son ombre – un phénomène que la science échoue à expliquer. Il est le premier, mais bientôt on observe des milliers, des millions de cas similaires. Non contentes de perdre leur ombre, les victimes perdent peu à peu leurs souvenirs et peuvent devenir dangereuses.
En se cachant dans un hôtel abandonné au fond des bois, Max et son mari Ory ont échappé à la fin du monde tel qu’ils l’ont connu. Leur nouvelle vie semble presque normale, jusqu’au jour où l’ombre de Max disparaît…
Situé dans une Amérique tombée de son piédestal, où nul n’échappe au danger, Le Livre de M raconte l’incroyable destin de gens ordinaires victimes d’une catastrophe mondiale extraordinaire. »
Peng Shepherd est américaine. Le livre de M, récompensé par le Neukom Award 2019, est son premier roman.

Bon, voilà. À la fois par ce résumé, et par le fait que l’auteur était une femme, j’ai pensé que ça me plairait… Eeeeeeet eh bien cette histoire d’ombres, me faisant tout de suite penser à Peter Pan, me laisse… le mot c’est sceptique. Parce que cette histoire, cette épidémie, cette chose qui frappe le monde, me parait vraiment très peu crédible. À moins de vivre dans un pays de soleil écrasant, comment distinguer les « normaux » et les gens qui n’ont « plus d’ombre »? Parce que le propos est là : on perd son ombre, on ne sait pas pourquoi ni comment, et dans un délai de 7 jours on oublie, on oublie même comment on mange, comment on rentre chez soi, comment on trouve la nourriture.

Les personnages principaux sont Orlando et Maxine, alias Ory et Max. Ils sont mariés et le soir où tout commence, ils sont à un mariage, le mariage de leurs amis Paul et Immanuel.  Le roman s’ouvre alors que Max a perdu son ombre depuis 7 jours. Ils sont installés dans l’hôtel qui accueillait le mariage, dans une zone boisée, presque déserte. Enfermés pour éviter d’être attaqués par des sans-ombre, mais il faut parfois sortir pour aller se ravitailler en nourriture, piller des magasins ou des maisons, et etre confronté aux autres, ceux qui n’ont plus d’ombre, et ceux qui ont encore la leur, et leur combat est le même : récupérer le plus de choses possibles, sans pitié. Tout le monde est armé.  Et là, Ory doit aller au ravitaillement, laissant Max seule.
Et à ce moment, Max décide de partir, parce qu’elle ne veut pas être un poids pour Ory. Elle porte au cou un petit magnétophone dans lequel elle raconte au fur et à mesure tout ce qui lui arrive..

C’est alors que Ory se lance à sa recherche.. les narrateurs sont donc Ory, Max, Mahnaz, une athlète iranienne, championne olympique de tir à l’arc que Ory rencontre, et un amnésique qu’un médecin hindou va chercher pour rencontrer le premier homme qui a perdu son ombre, Hemu Joshi, pour étudier cette histoire de mémoire et d’oubli.

Bon, à partir de là, il y a des personnages et leur histoire, Hemu, Mahnaz, Ursula, etc, on s’y attache mais l’auteure semble s’en désintéresser…. comme certaines idées comme les dollars qui deviennent tout blancs (les billets), l’argent devient donc inutile, et d’autres trouvailles, dont on n’aura aucun suivi, aucune explication. Le pourquoi de cette « épidémie » n’aura non plus aucune explication. Ce qui m’a gênée, c’est suivant les personnages, on n’arrive pas à comprendre le « timing ». On ne sait pas au bout de quel laps de temps Ory et Max sortent.. des jours, des mois, des années ? Ces personnages, idées, détails, sont de plus en plus insipides.. Ça m’agace fortement. Je n’ai ressenti aucun suspense, juste un road trip allant dans tous les sens, et aucun personnage n’arrivera à capter mon attention, à l’exception de Max, peut-être, mais je n’arrive toujours pas à m’en faire une image physique.
C’est dommage, il y a tellement d’idées non suivies que je pense que Peng Shepherd aurait pu étoffer tout ça en plusieurs tomes. En précisant. Ce bouquin est un brouillon..

[edit : Il y a deux phrases écrites en tout petit, je ne sais pas pourquoi. Merci WordPress]

Le Livre de M – Peng Shepherd, éditions Albin Michel Imaginaire, 585 pages, 17 Juin 2020

 

 

 

 

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