Semiosis – Sue Burke

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On m’aurait dit il y a quelques mois que je lirais de la SF, j’aurais ri. Mais le fait est que depuis le 16 mai, lorsque j’ai chroniqué « Terminus » de Tom Sweterlitsch, je suis tombée dedans, à l’insu de mon plein gré. Tout ça à cause d’une illustration de couverture qui demande un « double-take » pour plusieurs d’entre nous. Et a fait un certain boucan ici et là.

Il m’est désormais presque aussi facile de rentrer dans un roman de SF que dans un thriller. Je n’ai pas d’explication à ça. Je suis sûrement tombée sur de bons auteurs. (À part un certain David Marusek). Ce livre-ci, Semiosis, de Sue Burke, m’a embarquée dès la première page. Après tout, ces romans-là sont tout aussi pleins de suspense que les bons thrillers. Alors oui, je me rends, ok, j’aime bien. Maintenant. La SF.

Présentation Éditeur : « Ils sont cinquante,  des femmes, des hommes de tous horizons. Ils ont définitivement quitté la Terre pour, au terme d’un voyage interstellaire de cent soixante ans, s’établir sur une planète lointaine qu’ils ont baptisée Pax. Ils ont laissé derrière eux les guerres, la pollution, l’argent, pour se rapprocher de « la nature ». Tout recommencer. Construire une Utopie. Mais très vite, des drames menacent leur idéal. Du matériel irremplaçable est détruit. Des morts surviennent et s’accumulent. La nature est par essence dangereuse ; celle de Pax, mystérieuse, ne fait pas exception à la règle. Pour survivre, les colons vont devoir affronter ce qu’ils ne comprennent pas et comprendre ce qu’ils affrontent. »

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Ça fait maintenant 3 jours que j’ai fini de lire ce roman, et je tourne autour de cette chronique avec mille hésitations, procrastination, et tout le bazar. J’ai vraiment aimé. Mais pour une fois, avant de rédiger ma chronique, je suis allée faire un tour sur les blogs des spécialistes SFFF qui ont chroniqué Semiosis avant moi. Je n’aurais pas dû. Ça m’a coupé toute la confiance en moi que je pouvais avoir (et il y en avait peu), et surtout sur le sujet de la littérature dite « d’Imaginaire ». Savez-vous qu’il y a un livre entier sur les Genres et sous-genres de l’imaginaire ? Je l’ai en main. Près de 200 pages.

Je vous explique : ce livre est présenté comme un « Planet Opera ». Et lorsque l’auteur de ce guide a chroniqué Semiosis, il a qualifié ce livre d’ « Ethno Sf » et aussi de « Soft Social Sf ».. vous comprendrez je pense que je ne me sente pas du tout à la hauteur de ces chroniques analytiques qui dépiautent tout le livre. Tout en ne s’intéressant absolument pas au style. Vous comprenez mon problême ?  Je ne fais pas ça. Ce n’est ni mon envie, ni mon but. Je lis parce que j’aime lire, j’aime être emportée dans des vies, des histoires, des univers. De la littérature jeunesse aux thrillers, à la littérature dite « blanche », aux polars noirs. Je rajoute la Science Fiction désormais, que j’appelle SFFF (Science-Fiction, Fantasy, Fantastique). Si j’ai aimé, je le dis, j’explique pourquoi, et je ne « spoile »surtout pas le livre. J’ai envie que vous aimiez. Ce n’est pas de la pub, c’est un peu des conseils à mes amis. Rien de plus. Si je n’aime pas, je le dis sans prendre de gants. C’est juste mon avis. Si un jour je me prends au sérieux, abattez-moi sur le champ.

Semiosis, donc. En 2065, la Terre est exangue. Plus assez à manger, des guerres sur tout le globe, les gouvernements ont décidé d’un programme d’envoi de volontaires sur des planètes reconnues comme habitables par l’homme, avec des conditions de vie proches de celles de la Terre, mais à priori non habitées. Les volontaires ont étudié, sont entrainés : soldats, scientifiques de tous genres, botanistes, spécialistes météo, medecins et j’en passe. Au bout d’un voyage de 158 ans en hibernation, les vaisseaux aterrissent, en fait pas sur la bonne planête. Mais une assez proche. Juste, la gravité est plus forte, donc les mouvements plus lents. 

Seule une cinquantaine de « colons » survivent à l’atterrissage sur cette planète qu’ils appellent PAX. Parce que la paix est la seule condition pour vivre et éviter le sort des terriens. Et ils s’aperçoivent que la vie ne va pas être facile sur Pax : il semble que les végétaux soient dangereux. Beaucoup meurent d’empoisonnement, de blessures dûes aux plantes, alors que certaines lianes leur offrent des fruits merveilleux comme des mangues, d’autres donnent les mêmes fruits, mais soudain empoisonnés. Les scientifiques et agriculteurs qui essaient de planter du blé et d’autres céréales, malgré une analyse du sol parfaite, s’aperçoivent très vite que les cultures meurent. Les graines sont empoisonnées.  Les plantes semblent demander du respect, des échanges entre les colons et elles. Les humains donnent de l’engrais. Les rapports s’adoucissent entre la nature et les colons… 

Le roman est séparé en 7 chapitres, racontés chacun par un humain. Le 1er, c’est Octavo, biologiste et botaniste, l’an 1. Puis nous passons à l’an 34, Sylvia, deuxième génération. Ils ont trouvé une ville en ruine, s’y sont installés, An 63, troisième génération. Beaucoup de colons de la première génération sont stériles, les gamètes emmenées dans le vaisseau sont perdues, il faut perpétuer la race humaine sur Pax, et dans la paix. Et dans la cohabitation avec cette nature souvent hostile. C’est un roman d’adaptation à un monde inconnu, à une planète, à une nature, plutôt une flore très puissante, les humains sont des « animaux », que peuvent-il apporter à cette Flore, pour que les deux espèces vivent en bonne intelligence ?

Ce roman est passionnant. Il résonne dans l’actualité du réchauffement climatique. Du respect de la nature. De l’intelligence des plantes. De la construction d’une société neuve, d’abord sans lois, puis peu à peu la gestion des conflits. C’est absolument passionnant. Le style est parfait, juste un peu trop scientifique dans le chapitre 7, mais ça passe.  J’attends la suite avec impatience. Parce qu’il y a une suite… 

Semiosis – Sue Burke, editions Albin Michel Imaginaire (https://www.albin-michel-imaginaire.fr ), 435 pages, Septembre 2019, 24,90€

14 commentaires

  1. Ça a l’air très sympa ce livre. Je n’ai jamais lu de SF non plus. Quoique… certains Barjavel sont de la SF et j’avais la collec entière. En tout cas j’aime cette chronique qui donne envie de lire ce livre !

    Envoyé de mon iPhone

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    Aimé par 1 personne

  2. finalement tu t’en es bien sortie!
    je lis de la SF de temps en temps, Stephen King et j’aime beaucoup Bordage, c’est le bibliothécaire qui me l’avait conseillé…
    il paraît de Gabriel Katz est bien aussi…
    je note celui-ci pour plus tard car là j’ai du pain sur la planche 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. Il n’y a aucune obligation à décortiquer un genre en sous genre. Je lis de la SF depuis des décennies et mes seuls critères sont une histoire qui sorte de l’ordinaire, une écriture fluide et attractive… et quelquefois un choix de bonnes critiques.
    Là, ta critique pousse ma curiosité. 🙂
    C’est à mon sens l’essentiel !

    Aimé par 1 personne

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