Par les routes – Sylvain Prudhomme

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Ce livre est un amour. Je veux dire, je le referme et je garde en moi cette écriture qui est absolument et sincèrement désormais au rang de mes amours d’écriture. De style. De perfection dans la simplicité. Mais d’abord, la présentation de l’éditeur : 

«J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie.»

Sylvain Prudhomme, je ne l’avais jamais lu, et j’ai découvert qu’il’avait publié déjà 13 livres. Il est né en 1979, et de fait, rentre dans la peau d’un écrivain de son âge, la quarantaine, qui décide un jour de partir de Paris pour trouver un peu de calme afin d’écrire son roman. Il choisit une petite ville de Provence, pas loin de la mer. Une petite ville avec une belle luminosité, calme en dehors des vacances. Il y connait un cousin, un ami d’ami, c’est tout. Il s’installe dans un meublé, en centre ville, et fait de petites choses, comme de petites courses, l’installation de la wifi, tout en s’interrogeant sur ce milieu de sa vie, qu’il pense avoir atteint, là. Il est invité à une soirée par son cousin, et rencontre des gens qui connaissent son ami et colocataire d’il y a vingt ans : l’autostoppeur. L’autostoppeur habite cette petite ville aussi. Depuis quatre ans. Il vit avec Marie et Agustín, leur enfant. Ils se rencontrent. L’autostoppeur a toujours une vie agitée, quand ça le prend, il part, sans téléphone, avec un petit sac à dos et s’en va. Alors que le narrateur est immobile, à se creuser la tête pour des mots, pour raconter une histoire qui s’appellerait « La mélancolie des paquebots ». Il y a vingt ans c’était pareil. Il lui disait d’arrêter de lire et de sortir dans la vraie vie, celle des gens, les gens qu’il rencontre en faisant de l’autostop. On ne saura jamais le nom de cet autostoppeur, a part à un endroit du livre, comme caché, je ne sais pas si c’est vraiment son nom. Le narrateur va tout doucement rentrer dans la vie de cette petite famille, et tomber amoureux de Marie, la compagne de l’autostoppeur.

Sylvain Prudhomme raconte tout cela, chaque petit fait, en phrases très courtes souvent, jamais de points d’interrogation dans les dialogues,  même si l’on voit bien qu’il y en a eu une oralement, de question posée. Les mots sont choisis avec exactitude, d’une précision remarquable  pour n’avoir pas besoin d’adjectifs et d’adverbes qui alourdiraient le récit. Les descriptions sont pourtant magnifiques. Pas de langage ampoulé, pas de mots savants ni de mots peu usités, l’auteur raconte cette aventure, et les aventures de l’autostoppeur avec une simplicité remarquable. J’ai rarement été en admiration devant un style d’écriture, à part bien sûr Colette, et Jane Sautière. 

Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles. Et offre une force de style peu commune.

 

 

Par les routes – Sylvain Prudhomme, ed L’Arbalète, 21 Août 2019, rentrée littéraire 2019, 205 pages, 19€

 

10 commentaires

  1. WoW 😮 tu es rarement aussi encensante… ça sent que tu vas te procurer d’autres livres de lui !! (Et ça me fait penser que je n’ai pas en ce lu Primipare de Jane Sautière).

    Envoyé de mon iPhone

    >

    Aimé par 1 personne

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