Les choses humaines – Karine Tuil

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« Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale. »

C’est un morceau de la 4e de couverture, ci-dessus. Je suis atteinte d’une flemme monstrueuse qui va de pair avec une énorme culpabilité de repousser sans arrêt l’écriture de cette chronique. Procrastination douloureuse : je sais pertinemment que je ne peux pas commencer un autre bouquin si je n’ai pas publié la recension du précédent.  

On entre dans le roman avec Claire, ancienne collegue stagiaire de la Maison-Blanche en même temps que Monica Lewinsky. D’emblée l’auteure plonge le lecteur dans une histoire où le sexe est omniprésent. Le sexe et le pouvoir. Claire est maintenant une essayiste reconnue, « Le pouvoir des femmes », son 3e livre a été un succès. Française ayant fait une partie de ses études aux USA, on comprend sa fierté lorsque son fils Alexandre est admis dans la prestigieuse université de Stanford. Et il y a fait sa première année.

Elle a eu Alexandre avec son ex-mari, Jean Farel, figure omniprésente dans les médias et surtout à la télévision, à l’heure actuelle il a près de 70 ans et va régulièrement faire des liftings, des régimes, s’affiche avec des jeunes femmes, des hotesses de la chaine de télévision ou stagiaires. Il est la personnalité préférée des français, et est quelque peu imbu de lui-même, surtout qu’il craint toujours que son statut d’indétrônable de la chaine vacille.

Claire est tombée amoureuse de Adam Wizman, professeur dans une école juive, l’école où, en 2012 un islamiste a tué trois enfants et un père de famille. Adam est marié, il veut divorcer, s’installe avec Claire.

Alexandre, l’enfant de 22 ans, qui n’accepte qu’avec difficulté la séparation de ses parents, qui a été brisé lors de sa prépa à Polytechnique, et qui a le coeur brisé par une femme qui vient de rompre avec lui, revient en France pour quelques jours. Il loge chez son père..

Ces quatre personnages et leur entourage sont sur le point de se retrouver au même endroit : L’Élysée, car Jean va être décoré de la Légion d’Honneur, il y a beaucoup d’invités pour la cérémonie.

Mais tout va basculer lorsqu’une plainte pour viol est déposée.

Le roman se déroule en pleine période du procès Weinstein, après le scandale DSK, et du mouvement #MeToo qui autorise enfin la libération de la parole des femmes.

Ce roman,  profond,  disséquant la vie de cette famille et des peurs de chacun dans cette période où le pouvoir et le sexe éclaboussent beaucoup d’hommes connus,  est très prenant. Le style est parfaitement maitrisé. J’ai juste un petit bémol pour moi, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le récit : le premier chapitre de Claire m’avait paru un peu soporifique. Mais j’ai continué, et j’ai eu raison. Ce roman qui revient sur cette période troublée des #MeToo sur les réseaux sociaux est implacable.

Une réussite sur toute la ligne.

Les choses humaines – Karine Tuil, ed Gallimard, 340 pages, Juillet 2019, 21€

 

 

19 commentaires

  1. En fait j’ai vite oublié le premier chapitre sur la période américaine de la mère. Je ne sais pas si il a un grand intérêt. Mais j’ai beaucoup, beaucoup, aimé le reste. Pour moi, mais je n’ai pas encore lu grand-chose, Les choses humaines est Le livre de cette rentrée littéraire.

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  2. « Je sais pertinemment que je ne peux pas commencer un autre bouquin si je n’ai pas publié la recension du précédent » – c’est quasiment le contraire dans mon cas. J’attends souvent que « the dust settled down » , commence – si le roman n’a pas laissé une trace trop profonde ou ouvert des cicatrices ou béances bien entendu ….. – illico presto le prochain, si possible de style / sujet opposé…. J’ai fin ce roman il y a 3 semaines, suis en train de préparer mon laïus sur « La Maison » (Emma Becker) qui m’a nettement plus touché que ce roman…. ma compagne dirait « de toute façon tu n’aimes pas le style de la Miss Tuil – qui j’avoue m’énerve avec son écriture trop clichéesque – toutefois j’ai pas aimé la 1ere partie et nettement mieux goûté à la 2e (le temps du procès), Faut cependant dire qu’elle sait embarquer ses lecteurs avec ses sujets dans le vent.

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