La renverse – Olivier Adam

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La renverse : période de durée variable séparant deux phases de marée (montante ou descendante) durant laquelle le courant devient nul. Syn : l’étale

 

 » Ce n’est qu’au moment d’entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m’a vraiment heurté, qu’elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J’ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s’allumait sur une chaîne d’informations en continu. À l’instant où j’y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s’est figé sur l’écran. J’ai demandé qu’on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succint de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé aux informations, qu’il n’avait pas été fait mention de ma mère m’a traversé l’esprit »

Dans « La renverse », Olivier Adam retrace l’itinéraire d’Antoine, dont la vie s’est jusqu’à présent écrite à l’ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille lorsqu’il était encore adolescent. En ce faisant, il nous livre un grand roman sur l’impunité et l’humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l’univers politique. (4e de couverture)

 

Je n’ai jamais lu quoi que ce soit d’Olivier Adam. Rien avant La Renverse, alors que c’est un auteur prolifique. Je me demande comment ce livre est arrivé dans ma P.A.L…. Il date de 2016… 

L’histoire est celle d’un jeune homme qui nous dit d’emblée que l’homme qui vient de mourir était l’amant de sa mère. Le narrateur c’est Antoine, 28 ans, qui vit de petits boulots, et aime sans aimer. La révélation soudaine de la mort de cet homme, ce nom si familier finalement, -Jean-François Laborde- paraît si plausible que je me suis demandé, pendant une bonne dizaine de pages, si ce n’était pas un brûlot autobiographique, mais non, c’est bien un roman.

Le jeune homme est ramené en quelques heures à l’époque où sa mère avait une maison tenue parfaitement, deux garçons bien habillés, bons à l’école, et un mari qui « faisait bouillir la marmite ». Lorsqu’ Antoine et son petit frère grandissent, il s’avère que leur mère entre en politique avec cet homme « au sourire carnassier », Maire de leur ville de Banlieue, sénateur, connu pour ses conquètes féminines, qui propulse  la mère, Cécile Brunet, au conseil Municipal. Elle éclate d’ambition, et bientôt Antoine et son frère se rendent compte qu’avant, elle n’était pas heureuse. Puis survient le scandale : deux femmes accusent Monsieur Laborde ET Madame Brunet de viol en réunion. La rumeur, le scandale dans la ville, le retentissement sur la famille, les familles, les enfants rendus spectateurs de scènes de ménage où aussi bien Laetitia, fille de Laborde, qu’Antoine, fils de Cécile Brunet deviennent invisibles dans les crises des ménages, de la presse, de la gendarmerie, il n’y a plus de place pour les enfants, même à 17 ans, qui dés-aiment leurs parents, et qui fuient.

Le centre du roman, le scandale sexuel, ressemble évidemment à l’affaire Georges Tron, et à l’affaire DSK surtout, pour le blanchiment du coupable et la disqualification de la plaignante. Ce « faux blanchiment », dans le roman, mêne à s’interroger sur la possibilité qu’ont les puissants de se sortir de ce genre de scandale en humiliant les plaignantes -mais. Il y a un mais. Ce scandale en fait est traité de loin, car l’auteur mettra l’accent sur les ressentis de la fille de Jean-François Laborde, avec laquelle il fuira. Et sur sa disparition. C’est boiteux. Cette sorte de scandale aurait pu être traité, mais non. Le vrai sujet c’est les parents « qui se foutent de leurs enfants ».

C’est bien écrit, mais décevant. On s’attend à quelque chose de plus dynamique, centré sur ce fait divers. Mais non. Et je me suis ennuyée, disons, les 70 dernières pages. Ça ne me laissera pas un grand souvenir…

La renverse – Olivier Adam, Flammarion, 2016, 266 pages

 

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